Le développement du tourisme est une problématique générale. La Corse est particulièrement vulnérable face à l’arrivée massive de visiteurs et de flux incontrôlables de gens chaque été, qui du seul fait de leur nombre, viennent bouleverser l’écosystème.
La plaine orientale, si elle ne connaît pas les chiffres de Bonifacio ou Calvi, accueille déjà beaucoup de touristes le long de la côte, et souhaite développer cette activité. Les plages sont grandes, et il y a de la place pour cela.

Concernant la partie montagneuse et ses villages, les enjeux sont tout autre. Les places, les routes, les infrastructures ne sont pas adaptées pour une démultiplication du nombre d’habitants à chaque saison estivale. Au cœur des montagnes, les logements de vacances n’existent pas. Les maisons sont habitées pour la plupart par les locaux à l’année ou en résidence secondaire. Les touristes viennent visiter les villages, se perdent sur les routes étroites, mais ne trouvent rien que des places endormies et sans commerces. Beaucoup vont se baigner dans des petits bouts de rivière et piscines naturelles, saturant ces endroits, bouleversant la faune et la flore, énervant les habitants dépossédés de leurs lieux.
« Aujourd’hui, le tourisme est essentiellement une nuisance pour nos villages. Notre territoire n’est pas fait pour recevoir tous ces gens. Ils arrivent ici et sont déçus, car il n’y a pas de services prévus pour eux », explique Janine Vittori, habitante d’Isolaccio-di-Fiumorbo.
La problématique n’est pas nouvelle et les habitants ont depuis longtemps engagé une réflexion. Comment se développer pour trouver un équilibre entre accueil et visites respectueuses de l’environnement ? Comment se développer en évitant la surfréquentation ?
« Le tourisme doit être un échange. Si les gens viennent seulement pour le paysage sans qu’il y ait un impact économique pour nous, cela ne nous intéresse pas. Nous avons envie d’engager une réflexion et sommes ouverts au débat », complète Jean-François Vinciguerra, habitant d’Isolaccio et président de l’association Memoria.

La deuxième partie de la journée était consacrée à… du tourisme, mais dans la plaine cette fois-ci !
C’est à coup d’huîtres et de poisson frais que nous avons salué le retour du soleil. Ce déjeuner gourmand les pieds sur l’eau s’est déroulé au restaurant d’Urbino sur l’étang de Ghisonaccia, en compagnie de Luc, propriétaire du restaurant.
La propriété de cette lagune maritime a connu des aller-retour entre la révolution et la restauration, mais est transmise aux descendants de la famille de Luc depuis ce moment-là. Lors de la dernière succession, ils ont fait le choix de donner la propriété au Conservatoire du littoral.

Fin de journée très inspirée et toujours sous le signe du tourisme entre les murs de l’église de Ghisonaccia et ses fresques.
L’occasion idéale de se recueillir et se repentir : quels touristes sommes-nous ?
A SUIVRE
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