Et demain, le bois ?

Notre découverte du territoire nous porte sur des routes toujours plus resserrées. Chaque pas que nous faisons nous mène pourtant vers un sujet commun : le bois.

Présent dans le passé de cette région de multiple façons et notamment par les traces de la FORTEF, cette ressource semble être toute désignée pour marquer l’un des futurs du Fium’Orbu Castellu. Le bois, présent en très grande quantité dans les forêts de la région, mais aussi de l’île, pourrait représenter un moyen de développement durable non-négligeable.

Des forêts, partout.

Plusieurs acteurs se sont déjà penchés sur le sujet et se sont saisis de cet enjeu.

Dans la commune de Vezzani, le bois est à la fête depuis déjà de nombreuses générations. Chaque année depuis 25 ans, la foire du bois est célébrée au mois de juillet. Pendant un week-end, la commune organise de nombreuses activités et se fait la vitrine de la filière du bois. Les animations du cœur du village sont couplées avec des démonstrations d’artisans sur le site de Padula, situé sur la commune de Noceta.

A Vezzani, le bois est donc dans les esprits depuis toujours. Philippe Susini, maire de la commune, multiplie d’ailleurs les projets pour se saisir de ce potentiel à portée de main. Il souhaite inclure dès le plus jeune âge au sein de la classe unique de son village, une formation sur cette ressource. « Il faut faire entrer la forêt dans l’école et l’école dans la forêt« , nous confie-t-il.

La commune de Vezzani à l’heure de la sieste.

Pour que cette ressource soit utilisée à sa juste valeur, tous sont suspendus aux décisions des hautes instances et notamment de la Collectivité de Corse. Il faut faire reconnaitre le statut du bois et une labellisation des arbres des forêts corses est nécessaire afin que ce matériau soit exploité sur l’île, au lieu de le faire venir de l’étranger. L’objectif est d’en faire un matériau noble et de communiquer sur les qualités et aptitudes à la construction de ce bois, et non plus seulement au chauffage.

Le processus est en cours puisque le pin laricci a obtenu une labellisation il y a un an environ. Vingt-cinq ans en arrière, une vingtaine de scieries existaient sur l’ile. Désormais, elles se comptent sur les doigts d’une main. Afin d’accompagner cette labellisation, il est donc primordial de se doter en matériel, notamment en séchoir.

« Nous avons autant de bois qu’en Isère. Sauf que là-bas, il est à l’origine de 15 000 emplois, quand ici il n’en produit que 1000 », ajoute Daniel Sage, membre de l’association A Leva, en charge de l’organisation de la fête du bois.

Pour le maire de Vezzani, des quotas d’utilisation de matériau et notamment de bois local doivent être imposés dans les constructions.

C’est le pari que fait désormais l’agence d’architecture Orma, située à Corte et lauréate du concours de centre artistique et auditorium à Prunelli. Dans leurs projets, ces architectes expérimentent des techniques à l’aide de matériaux locaux.

Ils utilisent notamment du bois de provenance de moins de 60 kilomètres (pin laricci et châtaignier), mais aussi la pierre (cueillette dans les champs) ou le béton de terre (mélange de ciment et de terre in situ en strates).

Ils ont à cœur de sensibiliser à une architecture respectueuse de l’environnement et du paysage, et de favoriser l’artisanat, les circuits courts et les matériaux biosourcés.

Les initiatives dans ce sens se multiplient, et si elles restent encore isolées, beaucoup de graines sont déjà plantées.

A SUIVRE

La résidence qui se saisit du sujet « bois ».

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