Lors de la deuxième session de la résidence d’architecture, nous avons organisé, en collaboration avec le centre culturel Anima, des ateliers de dessin et d’écriture avec les enfants du Fium’Orbu Castellu.

Avec l’aide de Tamara Casanova, enseignante en arts plastiques, les enfants ont créé des carnets de voyage entre la plaine et la montagne. La consigne était pour eux d’imaginer ce chemin sans contraintes : une route idéale où ils pourraient croiser et faire ce que bon leur semble.

Deux ateliers ont été mis en place : l’un en plaine à Prunelli di Fium’Orbu, l’autre en montagne à Ania, hameau de la commune de Serra di Fium’Orbu.
A travers ces ateliers, nous souhaitions questionner les enfants sur l’habitat et les paysages de demain mais aussi comparer les dessins des enfants de la plaine et de la montagne. Ceci était une erreur : si des enfants vivent dans les villages des montagnes l’été, ils viennent tous de la plaine et se côtoient dans les écoles le reste de l’année. Le constat reste le même : les villages se vident au profit de la plaine et ne vivent plus que l’été lorsque les familles reviennent chercher la fraîcheur dans les maisons familiales.
Tous les enfants rencontrés partagent globalement les mêmes envies : ils souhaitent s’amuser dans des parcs d’attractions, mais surtout se baigner dans des cascades, reconnecter avec la nature et communiquer avec des animaux. Le vivant prend une place importante dans les dessins, et toutes et tous ont marqué une attirance pour ce qui serait plutôt identifié à l’environnement de montagne.

Nous avons pu constater une différence majeure entre les deux sites : à Prunelli, donc en plaine, les parents nous ont confiés leurs enfants, sont allés vaquer à leurs occupations et sont revenus les chercher à la fin de l’atelier. A Ania, en montagne, les parents sont restés pendant l’atelier, ont observé, discuté entre eux, commenté les dessins. Ils ont fait de ce rendez-vous un moment de rencontre.

Le rapport au temps et au rythme de vie en montagne est totalement différent. En plaine, nous vivons comme en ville, jonglant entre le travail, courses, et activités diverses. En montagne, tout est restreint et chaque moment est étiré.
Comme pour l’ensemble des événements que nous organisons dans le cadre de cette résidence, l’objectif était double : interroger les enfants, récolter de la matière (ici des dessins et le fruit de leur imagination) mais aussi les faire questionner leur environnement et repenser leur habitat.
Peut-être lors de cet atelier, ces enfants ont pu regarder le chemin qu’ils empruntent différemment, ou peut-être le feront-ils après ce carnet de voyage. En tout cas, nous l’espérons.
A SUIVRE
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