Dimanche 25 septembre a eu lieu notre événement intitulé Déambulation Architecturale. Pendant une matinée, nous avons arpenté avec le public trois sites ancrés dans l’histoire du Firum’Orbu Castellu par le biais du bois et de la Fortef.

Nous souhaitions faire entrer les habitants de la région dans des lieux habituellement fermés au public. L’idée était de laisser entrevoir une architecture imprégnée d’histoire et de réfléchir à de possibles nouvelles destinations.
A Catastaghju, sur la commune de San Gavinu, Charles Bartoli, spécialiste du sujet, est revenu sur le passé. L’historien a raconté les débuts, la gloire et les déboires de la Fortef et de son directeur, personnage excentrique, Michel Ducreux. Nous avons observé les vestiges, téléphériques, câbles, anciennes turbines et ce qui fût l’usine hydroélectrique, de ces années où le bois était acheminé de la montagne jusqu’à la mer.


La petite troupe est ensuite descendue jusqu’à l’ancienne cité ouvrière d’Agnatellu, sur la commune de Prunelli, dans ce qui représentait la scierie de la Fortef où étaient fabriqués les meubles. Ce bâtiment sert aujourd’hui d’entrepôt de camions poubelles et avait été vidé pour l’occasion. Nous avions exposé quelques photos d’époque sous la verrière et les hauts plafonds du bâtiment.



Nous avons terminé nos déambulations dans la tour de Calzarellu sur la commune de Prunelli, ancien port où étaient chargés les meubles destinés à être exportés. L’endroit n’avait pas été ouvert depuis des années et le public a pu découvrir l’intérieur de la tour.


A l’intérieur, Orma archittetura, représentée par Alicia Orsini, a exposé son travail et ses projets de construction. L’agence est fortement attachée à la contextualisation de leurs projets, la valorisation de la ressource locale (pierre, béton de site, terre, bois) et a un objectif affirmé de sobriété et de durabilité de l’œuvre architecturale. Par des exemples concrets, l’architecte a expliqué leurs travaux dans le respect de l’environnement et des modes de productions locales, ainsi que leur utilisation des savoir-faire traditionnels et des matériaux locaux.
Donner voix aux habitants
Nous avons terminé cette réunion par un atelier où les participants, habitants de la région, devaient imaginer de nouvelles utilisation pour les bâtiments qu’ils avaient visité au cours de la matinée. Nous avions projeté quelques exemples existants en France où des collectifs de villageois et autorités publiques ont réinvesti des lieux pour en faire des espaces multifonctionnels, mêlant souvent accès à la culture, rassemblement public et partage.
Le résultat a dépassé nos espérances puisque non seulement les habitants se sont montrés très concernés par ces questions et enjeux, mais ils ont été force de proposition évoquant pêle-mêle :

- sur le site de Catastaghju : des parcours didactiques sur l’histoire de la Fortef, des guinguettes, cafés, dépôts de pain et belvédères,
- sur le site d’Agnatellu : la création de recyclerie, d’une piste de bowling, d’une salle de spectacles, d’abattoir, de jardins partagés, d’ateliers d’artistes ou stand de tir,
- sur le site de Calzarellu : une école de musique, un lieu de rassemblement, une piste de danse, des jardins partagés, un point la Poste, un belvédère, etc.
Lier la plaine et la montagne
En partant de la montagne pour redescendre en plaine au cours de la matinée, l’objectif était d’arriver à capter des habitants de tous les horizons. Cet événement transversal avait pour but de recréer ce lien historique entre ces deux pôles. Une soixantaine d’habitants des deux bords du territoire ont répondu présent et se sont mélangés afin de réfléchir au monde de demain.
Prochaine étape de la résidence : la restitution de ces collectes de données et de réflexion tout au long de ces rencontres et de ces ateliers.
Rendez-vous du 25 au 29 octobre prochain, plus d’informations à venir !
A SUIVRE
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