La journée fut mouillée, trempée, ruisselante. Nous avons découvert les montagnes du Fium’Orbu entre les gouttes de pluie et les nuages vaporeux. L’horizon était bouché et pourtant la vie se roulait dans l’eau rare avec délice.

Marie-Toussainte Sisti, élue à la mairie de Ghisonaccia, était notre hôte du jour. A sa façon de nous demander toutes les cinq minutes si nous avions peur en voiture avant de monter dans l’auto, je me suis naturellement mise à craindre le trajet. Impossible de négocier pour prendre le volant, évidemment. Vous ne conduirez pas un.e Corse sur ses terres, surtout si les routes sont sinueuses. J’ai donc pris la place de devant par instinct de survie.
« Noooon ce n’est pas loin ! Moi je mets vingt minutes. Vous, je sais pas. »
La messe est dite et nous prenons la route vers la station de ski de la commune de Ghisoni, unique station d’Europe où l’on peut admirer la mer dans sa combi, le cul posé sur un tire-fesses. Il fait trop moche pour monter jusqu’en haut, sans la vue, le lieu perd de son intérêt. Nous découvrons le village de Ghisoni cerné de brume. Les pierres des vieilles maisons même mouillées nous font voyager dans l’histoire et le temps.

Nous déjeunons dans le restaurant la Stazzona de Ghisoni et dégustons des beignets au bruccio et côtes de veau, chaleur pour le corps et l’esprit.

Le trajet se poursuit. Marie-Toussainte est en fait une excellente conductrice, ou peut-être nous ménage-t-elle. La route est vertigineuse. Nous longeons le canyon du Fium’Orbu. Pietroso, Vezzani, Luggo Di-Nazza, Poggio Di-Nazza. Chaque village a cette beauté des choses polies par le temps, et nous nous demandons pourquoi le tourisme est encore rare dans ce coin de la Corse.

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